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Le pape François pourra-t-il faire tomber le mur de l’argent ?

Le pape François peut-il faire tomber le mur de l’argent ? C’est la question que se pose  Edouard Tétreau, analyste financier, dans son essai Au-delà du mur de l’argent, paru le 9 septembre aux éditions Stock.

La date de parution a été soigneusement choisie : son livre s’ouvre sur la préparation du voyage du pape à New-York fin septembre, à laquelle il a participé. Le pape s’envole en effet ce samedi pour Cuba, puis les Etats-Unis. Deux discours y sont très attendus : devant le Congrès américain, à Washington, puis au siège des Nations unies à New-York. On sait que son discours particulièrement virulent à l’égard du système capitaliste, que ce soit dans son encyclique Laudato Si‘, ou devant des mouvements populaires en Amérique latine, cet été, avait provoqué des remous au sein de milieux conservateurs américains.

mur argentLoin de réduire le pape à un « anticapitaliste primaire » – discours qu’il laisse à Donald Trump et le Tea Party américain[1] – Edouard Tétreau est persuadé que la radicalité de ce pape latino-américain peut changer la donne.

L’auteur fait cette comparaison : Jean-Paul II, il y a près de 30 ans, a « fait tomber le mur de Berlin » (ses voyages successifs en Pologne, le témoignage de son vécu sous le système soviétique, son soutien à Solidarnosc, ont été décisifs dans la chute du pouvoir communiste en Pologne en 1989, première étape de la débâcle  du bloc de l’Est). A présent, le pape François pourrait être capable de faire « tomber le mur de l’argent »,  ou du moins, d’« ouvrir des brèches ».

Aujourd’hui, souligne l’auteur, cette « économie folle » que dénonce le pape François a 100 fois moins besoin d’êtres humains que l’économie traditionnelle pour fonctionner. Un calcul que l’analyste financier propose dans son livre, exemples à l’appui : les start-up du web comme Airbnb, Uber ou Alibaba, ou encore les 2/3 des transactions financières réalisées désormais par des robots. « A l’avenir, que fera-t-on des personnes pas assez compétitives, des jeunes, des vieux ? » se demande-t-il.  L’auteur prédit alors une crise financière et technologique sans précédents. Elle sera l’occasion, estime-t-il, de « réécrire des règles et pratiques de l’économie mondiale qui remettront l’être humain au centre », sinon, « personne n’y survivra ».

Expert financier et catholique engagé

Edouard Tétreau est présenté comme « un homme de conviction et de foi » sur le site des éditions Stock et s’assume devant la presse comme « catholique engagé ». Il est donc familier de la doctrine sociale de l’Eglise, qui guide les discours du pape contre les dérives du capitalisme, et plutôt bienveillant à son égard. Mais c’est aussi avec sa légitimité d’expert financier qu’il s’exprime : économiste et chroniqueur aux Echos, il a enseigné la gestion des risques financiers, anticipé la crise de 2008, et conseille encore des dirigeants politiques et économiques (voir l’émission Grand angle de TV 5 Monde).

Pour lui, le pape peut avoir un réel poids sur les grands décideurs mondiaux : « il conseille des politiques, des dirigeants d’entreprises »,  et est le « seul leader mondial audible au-delà les frontières et les religions »« C’est pour ça qu’il est tellement attendu à l’ONU et au Congrès américain », croit-il savoir. Autre argument avancé par Edouard Tétreau : sur la question de l’homme et de  l’argent, les religions convergent. Il cite ainsi l’interdiction de la spéculation dans l’islam, la tradition de la remise des dettes dans le judaïsme, etc. Son ambition : organiser une sorte de Bretton Woods des religions, pour promouvoir une finance éthique.

Pour en savoir plus sur ce livre et l’auteur :

[1] Voir son interview dans Le Nouvel observateur paru le 3 septembre 2015

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En autorisant des prêtres à pardonner l’avortement, François est-il « révolutionnaire » ?

La nouvelle a fait le tour des médias. Le 1er septembre, le pape François a autorisé « tous les prêtres »  à pardonner le « péché » d’avortement, à l’occasion du Jubilé de la miséricorde. Faut-il considérer cette annonce comme une grande nouveauté et un pas de plus du pape François – souvent présenté comme un pape progressiste – vers une Eglise plus ouverte  au « monde moderne » ? Voici quelques pistes d’éclairages.

  • Cette annonce du pape François n’est pas si révolutionnaire. Dans les fait, les évêques, qui ont l’autorité compétente dans l’Eglise pour pardonner un péché d’avortement, avaient déjà le droit de déléguer leur autorité à des prêtres de leur diocèse pour le faire. Dans la pratique, de nombreux prêtres ont donc pardonné un péché d’avortement lors de confessions. En outre, Jean-Paul II avait déjà ouvert cette possibilité, lors du jubilé de l’an 2000, à l’ensemble des prêtres-confesseurs.
  • Cette possibilité ne vaut que pour la période du jubilé. Le pape François s’adresse avant tout aux fidèles catholiques qui souhaitent profiter du Jubilé de la miséricorde, du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016, pour entamer une démarche de repentir, puisque l’Eglise considère l’avortement comme un péché. Le catéchisme de 1992 explique ainsi que « dès sa conception, l’enfant a droit à la vie » et que « l’embryon » doit être considéré comme « une personne dès sa conception ». L’Eglise a toujours insisté, cependant, pour dire qu’elle jugeait l’acte et non la personne, demandant un véritable accueil, en paroisses, pour les femmes ayant dû avorter. Au moment de la confession, c’est cependant la personne qui sera pardonnée, et son péché « effacé », si elle est dans une démarche sincère de repentir. Cependant, l’avortement reste considéré, d’une manière générale, comme un péché par l’Eglise catholique.
  • On lit souvent que le péché d’avortement est puni d’une peine d’excommunication latae sententiae, c’est-à-dire automatique, sans que l’Eglise n’ait besoin de prononcer la peine publiquement. L’excommunication empêche à un prêtre de célébrer des sacrements, et à un fidèle de les recevoir (eucharistie, réconciliation, mariage, etc.). Elle peut aussi valoir pour ceux qui ont pratiqué l’avortement (médecins), ou qui l’ont encouragé. Cependant, comme me l’expliquait récemment un prêtre spécialiste de droit canon, pour être passible de cette « peine », il faut avoir délibérément « violé la loi » en « connaissant la loi ». Autrement dit, si une personne commet un délit passible d’excommunication (l’avortement), mais en ignorant que c’était le cas, elle ne peut être excommuniée. Cette règle vaut pour les laïcs, mais pas pour les clercs. Cela explique pourquoi la plupart des cas recensés d’excommunication automatique, dans le droit canon, concernent des clercs. Il y a donc, dans les faits, très peu de laïcs excommuniés pour avortement.
  • Dans ses propos, le pape François semble particulièrement sensible au sort des femmes qui ont eu recours à l’avortement. Il rappelle d’ailleurs qu’il en a « rencontré » de « nombreuses » (alors qu’il était archevêque de Buenos Aires, notamment).

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Soyons prudents, là-aussi : cette adresse du pape François aux femmes ressemble assez à celle de Jean-Paul II dans Evangelium Vitae (n°99), qui employait exactement les même termes : une situation « profondément injuste », et des « conditionnements » ayant pu peser dans leur « décision », ains qu’une situation « douloureuse et dramatique». Le pape François, cependant, fait valoir son expérience de terrain en tant qu’ancien archevêque dans les bidonvilles de Buenos Aires, amené régulièrement à rencontrer des femmes ayant avorté, pour faire preuve de sa compassion. « Je connais bien les conditionnement qui les ont conduites à cette décision », relève-t-il, reconnaissant un « choix difficile et douloureux ».

Point de réelle nouveauté et de grande révolution, donc.

  •  La vraie nouveauté de cette lettre du pape François envoyée à l’occasion du Jubilé de la miséricorde, c’est sa main tendue à la communauté schismatique de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX)Cette communauté intégriste, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, avait refusé les principales décisions du concile Vatican II (1962-1965) (dialogue interreligieux, liberté religieuse, abandon du dogme de l’infaillibilité papale). Depuis, elle n’est pas reconnue par Rome. Dans cette lettre, le pape rend valide, dans un geste inédit, le sacrement de réconciliation (absolution des péchés) qui sera prononcé par les prêtres de la FSSPX. Auparavant, ce sacrement tel que célébré par cette communauté séparée de Rome faisait polémique. Le pape va même plus loin dans son message puisqu’il souhaite, à l’avenir, pouvoir « retrouver la pleine communion » avec la FSSPX. Une main tendue aux « intégristes » ? Le pape François est un plus fin stratège : le même jour, il recevait au Vatican Mgr Jacques Gaillot, un évêque très progressiste (en faveur du mariage homosexuel, de l’ordination de femmes prêtres, ou encore de l’avortement), destitué par Rome en 1995. Une façon de montrer que sa priorité est une Eglise unie, au-delà des considérations politiques… au risque d’exacerber les « paradoxes », comme le relève Jean-Marie Guénois dans Le Figaro. Ou, d’agir, comme à son habitude, en habile jésuite.

Le pape François peut-il vraiment défier la mafia ?

Article initialement publié sur Le Monde des religions le 30 mars 2015.

D’abord, « l’excommunication ». Ce 21 juin 2014, le pape François se trouve en Calabre, au cœur de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, l’une des plus puissantes organisations criminelles d’Europe. Le lieu, Cassano allo Jonio, est hautement symbolique : c’est dans cette commune qu’un petit garçon de 3 ans a été assassiné, quelques mois plus tôt, par vengeance. Devant plus de 100 000 personnes, François lance : « les mafieux (…) sont excommuniés ! » Une première.

Si cette sentence n’a pas de valeur « légale » (elle n’est pas prononcée au cours d’une procédure canonique), elle est néanmoins lourde de sens. Le pape s’attaque à un problème longtemps sous-estimé dans l’Église : le rapport ambigu que la mafia entretient avec la religion catholique. En « excommuniant » les mafieux, le pape encourage ainsi les prêtres, sur le terrain, à leur tenir tête en leur refusant, par exemple, la communion, le mariage ou le baptême de leurs enfants.

La ‘Ndrangheta ne tarde pas à réagir. Quelques semaines plus tard, au cours d’une procession dans un village calabrais, des fidèles inclinent la statue de la Madone, en signe de déférence, devant la maison d’un « parrain ». Le message est clair.

Rites mafieux et traditions catholiques

La confusion entre religion et criminalité ne s’arrête pas à ces démonstrations de force. Certains mafiosi disposent de chapelles privées, d’autres prient la Vierge Marie, cachés dans leur bunker. La ‘Ndrangheta calabraise s’est choisie la Madone du sanctuaire de Polsi comme sainte protectrice, tandis que la Cosa Nostra sicilienne lui préfère sainte Annunziata. Plusieurs rites mafieux sont empruntés au rite catholique : parrainage, baptême, etc. Dans la ‘Ndrangheta, un nouveau baptisé doit déposer une goutte de son sang sur une image de Jésus, saint Roch ou saint Michel.

Le prêtre Don Giacomo Panizza lutte depuis plus de quarante ans contre la mafia calabraise. En 2001, l’État lui a confié un immeuble confisqué à la ‘Ndrangheta, qu’il a transformé en résidence d’accueil pour handicapés et migrants. Menacé de mort, il a été placé sous protection policière. « Un jour, la mère d’un mafieux m’a dit que j’étais un prêtre du démon, confie-t-il. Leur religion se base sur la juste vengeance. Chez eux, le pardon n’existe pas : pardonner est faible. »

L’ambiguïté de la piété populaire

Cette religiosité permet aux mafieux non seulement de « légitimer leur actes criminels », mais aussi de « souder le clan par des rituels », explique Fabrice Rizzoli, spécialiste des mafias (1). En affichant publiquement leur dévotion, les mafieux se fondent aussi dans la culture italienne du Mezzogiorno, le sud de l’Italie, très empreinte de piété populaire.

Dans cette région, beaucoup d’Italiens « cultivent une religiosité de façade, très émotive, décrypte le père jésuite Fabrizio Valletti, implanté dans le quartier de Scampia à Naples, fief de la Camorra – à la différence de Cosa Nostra, issue d’un milieu rural, la Camorra est d’origine urbaine. Cette piété populaire considère que l’homme n’est pas autonome dans la recherche du bien, mais qu’il dépend de l’assistance d’un Dieu protecteur ». De même, « le camorriste dépend du chef, son protecteur ».

« La corruption pue »

Après « l’excommunication » de la ‘Ndrangheta, place à la « conversion » de la Camorra. Le 21 mars dernier, à Naples, François s’est rendu dans le quartier de Scampia. Ici, le mot mafia n’est pas prononcé. À la place, une déclaration franche : « La corruption n’est pas chrétienne, elle pue ! ». L’adversaire serait donc aussi les élites italiennes. Le pape n’est pas dupe : sans homme politique à corrompre, la Camorra serait démantelée.

Un peu plus tard, dans le centre historique, le pape François s’adresse directement aux mafieux et les invite à se convertir « à la justice ». Encore des paroles sans précédent, estime Fabrice Rizzoli : « Auparavant, le message de l’Église reposait sur la repentance individuelle. Contre la mafia, le clergé proposait la privatisation du salut, là où l’État prône la collaboration citoyenne. »

Le tournant Jean Paul II

Si l’Église est longtemps restée silencieuse face au phénomène mafieux, c’est notamment parce que « pendant la guerre froide, explique Fabrice Rizzoli, l’Église, la mafia et la démocratie chrétienne avaient un ennemi commun : les communistes ». Une fois le bloc de l’Est tombé, Jean Paul II brise le silence. Le 9 mai 1993, à Agrigente (Sicile), il prononce un discours choc contre Cosa Nostra. Prononçant pour la première fois le mot « mafia », qu’il qualifie de « civilisation de mort », il lance un avertissement aux criminels : « Convertissez-vous, un jour viendra le jugement de Dieu ! »

Un appel à la conversion d’autant plus fort qu’à l’époque, de nombreux parrains quittent déjà le système pour devenir pentiti, repentis, et collaborer avec la justice. Deux mois plus tard, Cosa Nostra fait exploser une bombe devant la basilique papale du Latran, à Rome.

Le pape François et le « temps de l’affrontement »

Avec le pape François, la tension monte d’un cran. « Nous sommes au temps de l’affrontement », estime Don Panizza. « “L’excommunication” a encouragé les prêtres à résister aux mafias », assure-t-il. En outre, le pape ne s’arrête pas aux discours : dès l’été 2013, il avait exigé le contrôle de milliers de comptes de la banque du Vatican, soupçonnés de blanchiment d’argent par la mafia.

Mais si sa détermination peut encourager certains à briser le silence, la mentalité générale sera plus difficile à changer. « La mafia est devenue une mentalité globale, une logique de pensée, une logique de vie », soupire Don Panizza. « La corruption fait un peu partie des coutumes de notre pays », regrette aussi le père Valleti. Un combat spirituel mais aussi culturel, donc. Il ne fait que commencer.

(1) Fabrice Rizzoli est représentant en France de l’ONG FLARE, réseau européen contre le crime organisé. Il est l’auteur du Petit dictionnaire énervé de la mafia (Éditions de l’Opportun, 2012).

A Naples, le pape François défie la Camorra

Article initialement publié dans La Vie, le 21 mars 2015.

Pour la première étape de son déplacement à Naples, ce samedi, le pape François avait choisi un lieu symbolique : Scampia, quartier défavorisé du nord de la ville, en proie au trafic de drogue et fief de la Camorra, mafia napolitaine. Sur la place Jean-Paul II, le pape s’est directement adressé aux jeunes du quartier qui, sans travail et livrés à eux même, finissent par devenir de petites mains de la mafia. Autour de cette place, les fameuses vele, tours délabrées de 14 étages en forme de voile. Ces logements sociaux, reliés par des labyrinthes de couloirs métallique facilitant la circulation de drogue, avaient inspiré le film Gomorra, tiré du best-seller du journaliste napolitain Roberto Saviano.

A Scampia, le pape s’est concentré sur les causes de la criminalité organisée : “Si on ne gagne pas son pain, on perd sa dignité !“, et alors, on risque de “tomber dans la délinquance“. Des phrases fortes ponctuées d’applaudissements enthousiastes de la jeunesse désabusée de Scampia. Le pape n’a jamais cité la mafia, mais les allusions étaient présentes : “Qui prend volontairement la voie du mal vole un bout d’espérance. Il le vole à lui-même et à tous, (…) à la bonne réputation de la ville et à son économie“.

Il faut dire que la Camorra est déjà très médiatisée dans cette banlieue qui souhaite redorer son image. Selon le maire de Naples, Luigi de Magistris, grâce au travail de la police, des magistrats et des associations locales, le trafic de stupéfiants y aurait diminué de 70% par rapport à 2012. Mais la Camorra résiste. La preuve, une semaine avant la venue du pape, des échanges de tirs ont eu lieu en plein coeur de Naples, entre une voiture et des motos.

“Convertissez-vous !“

Pour évoquer clairement la mafia, le pape a attendu d’être devant les quelques 30 000 fidèles, Piazza del plebiscito, grande place du centre historique de la cité parthénopéenne. Et François, cette fois-ci, s’est directement adressé aux mafieux : “Convertissez-vous à l’amour et à la justice ! (…) Avec la grâce de Dieu, qui pardonne tout, il est possible revenir à une vie honnête (…). Même les larmes des mères de Naples, mélangées avec celle de Marie, vous le demandent“.

Une humilité qui a touché Rosaria, jeune maman napolitaine venue écouter le pape avec sa petite Chiara : “Il a su se faire humble, même avec les délinquants. Il les a invités à se convertir. Cela n’a pas été impérieux. J’espère vraiment que quelqu’un accueillera cette invitation“.

Aux Napolitains, le pape a demandé, en référence au marché noir ou à la corruption qui alimentent la mafia, de ne pas céder “aux flatteries de gains faciles ou des revenus malhonnêtes“,mais aussi de réagir “avec fermeté aux organisations qui exploitent et corrompent les jeunes, les pauvres et les faibles, avec le commerce cynique de la drogue et d’autres crimes“.

Ce n’est pas la première fois que le pape use de paroles très dures contre la mafia. Un an plus tôt, jour pour jour, le pape François avait lancé le même appel à la conversion lors d’une veillée de prière, à Rome, pour les victimes de la mafia. Depuis une vingtaine d’année, à l’initiative de l’association Libera, la journée du 21 mars leur est dédiée. En juillet 2014, à Caserte, à 40km de Naples, le pape avait demandé de “dire non à toute forme d’illégalité“ et demandé le respect de “l’environnement“. Une référence aux déchets toxiques enfouis illégalement par la Camorra dans les sous-sols de la région.

Les mafieux sont “excommuniés“

Les paroles les plus fortes de François restent celles adressées à la ‘Ndrangheta, mafia calabraise, lors d’un déplacement dans la région, en juin 2014 : “Les mafieux sont excommuniés”, avait-il lancé, comme une sentence. Des paroles jamais prononcées par un pape jusque-là, et touchant à un autre aspect : l’ambiguité qu’entretiennent les cadres d’une pègre avec la religion catholique. “Les rites d’initiation des nouveaux mafieux ont des références à la religion et les ‘picciotti’ (hommes de main de la mafia, ndlr) prient avant de commettre un assassinat“, expliquait Nicola Gratteri, juge spécialiste de la ‘Ndrangheta, en novembre 2013.

Après ce discours, des mafieux avaient d’ailleurs défié le pape en faisant s’arrêter une statue de la Vierge, lors d’une processions religieuse, sous le balcon d’un “parrain“. Une réaction qui prouve aussi que la parole de l’Eglise, plus ferme que par le passé, déstabilise la mafia. Mais ce n’est pas sans danger : en 1993, Cosa Nostra avait répondu à un discours de Jean Paul II en plaçant des bombes devant la basilique papale Saint-Jean de Latran.

Balade dans les jardins du Vatican…

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de pouvoir visiter un lieu de Rome longtemps fantasmé car peu accessible au public : les Jardins du Vatican. Merci le Centro San Lorenzo pour la visite groupée avec deux charmants Gardes suisses !

Je me permets de vous en faire profiter un peu…

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Arrivée sur le côté droit de la basilique Saint-Pierre, début de la visite dans les “coulisses” version plein air du Vatican…

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La fameuse “Maison Sainte-Marthe”, résidence d’accueil des visiteurs du Saint-Siège, et où logent tous les cardinaux réunis en conclave. Une fois élu pape, José Mario Bergoglio a finalement décidé de rester y vivre plutôt que  de prendre possession des appartements pontificaux dans le somptueux Palais apostolique.

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La coupole de la basilique Saint-Pierre vue de derrière, dans les jardins du Vatican ! Nous y sommes…

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Jardins du Vatican…
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Statue de la Vierge Marie ayant fait dévier la trajectoire de la balle qui visait mortellement Jean-Paul II lors de l’attentat du 13 mai 1981 (selon les mots du pape).

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Au loin, la tour Saint-Jean : l’ancien secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, y a vécu. En 2008, Benoit XVI y a reçu le président américain Georges W. Bush. Depuis juin 2014, la tour est le siège du nouveau dicastère créé par le pape François, la Secrétariat pour l’économie.

De plus près :

IMG_1805 IMG_1800IMG_1790Reproduction de la grotte de Lourdes dans les jardins du Vatican. Chaque jour en fin d’après-midi, Benoît XVI, qui vit depuis sa renonciation dans le monastère Mater Ecclesiae des jardins (je n’ai pas eu l’occasion de le voir mais je saurai me rattraper !) va prier devant cette statue de la vierge.

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Olivier vieux de 200 ans, ayant poussé à Nazareth, offert en cadeau à Benoit XVI par le Premier ministre israélien Benjamin Nethanyahu.

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De retour à la basilique (de derrière)…IMG_1811

Arrivée derrière la place Saint-Pierre. Fin de la visite !IMG_1815

 

THE END