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Le pape François allège la procédure de “nullité de mariage” : un “divorce” catholique ?

Le pape François est décidément en pleine forme pour cette rentrée. Après sa demande aux paroisses européennes d’accueillir chacune une famille de réfugiés, place aux divorcés remariés ! Un sujet épineux et très attendu au synode des évêques sur la famille, d’octobre prochain au Vatican.

Sauf que le pape n’a pas attendu le synode d’octobre 2015 pour avancer sur le sujet. Hop, d’un coup de deux motu proprio (lettres apostoliques, forme de « décrets» du pape), il a décidé de mettre en place une réforme longtemps attendue : celle des procédures de nullité de mariage. En réalité, le pape avait déjà lancé une commission en août 2014 chargée de plancher sur cette réforme… Soit un mois avant le premier synode des évêques sur la famille, ouvert en octobre 2014.

C’est que ce sujet revient sur la table depuis longtemps, et le pape ne souhaitait pas attendre. Petite explication : pour l’Église, le mariage catholique est « indissoluble ».  Cette notion trouve notamment sa source dans l’Évangile de Matthieu (19, 3-12) : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ». Ainsi, un remariage civil après un divorce civil est considéré comme une forme d’infidélité. Il est alors défendu aux divorcés remariés civilement d’accéder aux sacrements (réconciliation, communion par exemple). Il est aussi  impossible de se remarier à l’Eglise, sauf après la mort de son premier conjoint.

Reconnaitre la nullité d’un mariage n’est pas un divorce religieux

Seule solution envisageable  : engager une procédure de reconnaissance de « nullité » de mariage. Attention, il ne s’agit  pas d’« annuler » un mariage comme on le lit souvent. Il n’y a pas de « divorce » religieux pour les catholiques. L’idée, c’est de prouver la «nullité » du lien contracté le jour du mariage. En gros, montrer qu’il y a eu un “vice de forme” ce jour là, et que le mariage n’est pas valide… comme s’il n’avait jamais eu lieu. Le constat d’échec post-mariage ne suffit pas à prouver la nullité : les critères retenus seront le manque de discernement ou de liberté au moment de se marier, la permanence d’une relation extra-conjugale au moment du mariage ou juste après, le fait que l’un des conjoints ait caché son infertilité à l’autre ou une maladie grave, etc.

Problème : ces procédures étaient beaucoup trop longues, et coûteuses. A la fin du synode sur la famille d’octobre 2014, la grande majorité des évêques avaient insisté pour simplifier et accélérer les procédures. François a donc décidé d’accélérer… sa réforme.

Désormais, il n’y aura donc qu’un seul jugement au lieu de deux obligatoires auparavant, et des procès spéciaux “plus rapides” seront possibles dans les cas où la nullité semble particulièrement facile à prouver. Ces procédures seront directement jugées par l’évêque,  sur une période de 30 jours. Enfin, le pape a demandé aux conférences épiscopales de rendre gratuites les procédures.

Un vrai changement pour les catholiques des pays en développement

Cette réforme va d’autant plus changer la vie des catholiques des pays en développement. La journaliste argentine Ines San Martin, sur Crux, portail d’information catholique du Boston Globe, explique que dans la ville natale du pape, Buenos Aires, il n’y a qu’un tribunal ecclésiastique pour 15 diocèses différents, tous situés à des centaines de kilomètres. Désormais, chaque évêque pourra constituer son propre tribunal dans son diocèse.

Cette réforme du pape François fait déjà grincer des dents dans les milieux catholiques les plus conservateurs. Pourtant, François l’explique lui-même dans l’introduction de ses décrets : il ne s’agit pas de faciliter les « déclarations en nullité » mais d’ « accélérer les procédures ». Elles seront ainsi moins pesantes psychologiquement, et plus accessibles géographiquement et financièrement. Ce n’est  pas parce que le système sera plus simple et plus rapide qu’il y aura plus de déclarations en nullité de mariage. En Italie, par exemple, environ deux tiers des requêtes de déclaration en nullité de mariage sont rejetées.

En résumé : une petite révolution pour les catholiques divorcés civilement attendant de pouvoir se remarier religieusement.. mais pas de révolution aux yeux du monde sécularisé, pour lequel la possibilité de pouvoir divorcer semble évidente. Pourtant, en France, le divorce par consentement mutuel date seulement de 1975, preuve que même la rupture d’un mariage civil a longtemps fait débat.

Vérifier la foi des époux au  moment de leur mariage religieux ?

Mais le vrai changement amorcé par cette réforme est ailleurs. En effet, le motu proprio  de François prévoit qu’un autre critère pourra désormais être étudié dans le cas des « procédures rapides » : la foi des époux au moment de se marier. Ce critère  sera sûrement débattu au prochain synode sur la famille.

Au moment de se marier à l’Eglise, aujourd’hui, de nombreuses personnes n’ont pas conscience  du principe d’indissolubilité du mariage catholique. La solution de plus en plus envisagée par les prêtres aujourd’hui est de mieux prendre en compte la réelle foi des couples qui demandent à se marier à l’Eglise. Comprennent-ils le principe d’indissolubilité ? En outre, comprennent-ils que le mariage catholique n’est pas seulement un contrat, mais un sacrement ?  Le choix de se marier à l’église est-il simplement une affaire de tradition familiale ou sociale  ?

Cette idée de considérer le « manque de foi » des époux au moment de leur mariage religieux pour valider la « nullité »  avait déjà été avancée par Benoît XVI. Reste qu’elle est très polémique. Comment prouver ce manque de foi ? Débats à suivre en octobre prochain…

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Balade dans les jardins du Vatican…

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de pouvoir visiter un lieu de Rome longtemps fantasmé car peu accessible au public : les Jardins du Vatican. Merci le Centro San Lorenzo pour la visite groupée avec deux charmants Gardes suisses !

Je me permets de vous en faire profiter un peu…

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Arrivée sur le côté droit de la basilique Saint-Pierre, début de la visite dans les “coulisses” version plein air du Vatican…

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La fameuse “Maison Sainte-Marthe”, résidence d’accueil des visiteurs du Saint-Siège, et où logent tous les cardinaux réunis en conclave. Une fois élu pape, José Mario Bergoglio a finalement décidé de rester y vivre plutôt que  de prendre possession des appartements pontificaux dans le somptueux Palais apostolique.

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La coupole de la basilique Saint-Pierre vue de derrière, dans les jardins du Vatican ! Nous y sommes…

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Jardins du Vatican…
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Statue de la Vierge Marie ayant fait dévier la trajectoire de la balle qui visait mortellement Jean-Paul II lors de l’attentat du 13 mai 1981 (selon les mots du pape).

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Au loin, la tour Saint-Jean : l’ancien secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, y a vécu. En 2008, Benoit XVI y a reçu le président américain Georges W. Bush. Depuis juin 2014, la tour est le siège du nouveau dicastère créé par le pape François, la Secrétariat pour l’économie.

De plus près :

IMG_1805 IMG_1800IMG_1790Reproduction de la grotte de Lourdes dans les jardins du Vatican. Chaque jour en fin d’après-midi, Benoît XVI, qui vit depuis sa renonciation dans le monastère Mater Ecclesiae des jardins (je n’ai pas eu l’occasion de le voir mais je saurai me rattraper !) va prier devant cette statue de la vierge.

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Olivier vieux de 200 ans, ayant poussé à Nazareth, offert en cadeau à Benoit XVI par le Premier ministre israélien Benjamin Nethanyahu.

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De retour à la basilique (de derrière)…IMG_1811

Arrivée derrière la place Saint-Pierre. Fin de la visite !IMG_1815

 

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