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Ainsi soient-ils, dernière saison ce soir sur Arte !

Ils sont de retour ! Qui ? Yann, Guillaume, José… ce soir, les fameux séminaristes de la série Ainsi soient-ils, reviennent pour une troisième et dernière saison sur Arte.

Le pitch Quatre ans plus tard, les trois jeunes hommes, désormais devenus prêtres, sont dispersés dans différentes paroisses de France. Yann revient sur sa terre natale, en Bretagne, à  Plugneaux. Il est perturbé par le désir qu’il éprouve pour une amie d’enfance et doit faire face à des aveux compromettants d’un enfant à propos du prêtre qu’il vient seconder. Dans la commune d’Ussy-Saint-Germain en Ile de France, Guillaume a du mal à trouver sa place, restant bouleversé par sa relation précédente avec Emmanuel. A Toulouse, José doit s’imposer dans un conseil paroissial dirigé par Jeanne. A Paris, Mgr Poileaux, sur le point de quitter ses fonctions à la Conférence des évêques de France, se voit confier une mission secrète par le père Fromenger, qui pourrait le mener jusqu’au Vatican…

La vie de séminaristes… un sujet pas vraiment « sexy », au premier abord. Pourtant, Ainsi soient-ils, créée par David Elkaïm, Vincent Poymiro, Rodolphe Tissot et Bruno Nahon, est un réel succès de télévision française. La saison inaugurale, en 2012, a « cassé la baraque », selon les Inrocks, et dévoilé une « épatante série » pour Le Monde.  La première saison avait alors réuni 1,4 millions de téléspectateurs, score historique pour la chaine culturelleAinsi soient-ils  avait même été récompensée du prix de la meilleure série française au festival Séries Mania 2012.

Deux ans plus tard, pour la saison 2, les mésaventures des jeunes séminaristes ont rassemblé moins de monde : 760 000 téléspectateurs. Une audience restant largement correcte pour la chaine franco-allemande. Cette année, l’enthousiasme est encore là : Le Monde parle à nouveau de « petit miracle ».  Pour le Nouvel Obs« avec trois saisons de qualité (…) Ainsi soient-ils fait partie de ces séries qui ont redonné foi en la fiction française. » Enfin, la boucle est « brillamment bouclée » pour Les Inrocks.

La prouesse de cette série tient sans doute au fait qu’elle réussi à montrer des (futurs) hommes d’Eglise tels qu’ils sont dans la réalité : avant tout des hommes, avec leurs doutes et leurs faiblesses. Des problématiques réelles de la vie ecclésiale y sont évoquées sans tabou : difficulté à respecter son voeu de chasteté, attirance homosexuelle, solitude de la prêtrise, incompréhension des proches pour leur engagement radical, etc. Leur engagement en paroisse les amènera aussi à gérer des problèmes épineux comme l’accueil de l’étranger,  le suicide,  ou encore l’avortement.

Au risque de tomber dans la caricature et l’excès, ces rebondissement ont le mérite de tenir en haleine les téléspectateurs et de toucher un large public, où anticléricaux et croyants pourront se retrouver.

 Ainsi soient-ils ne se contente pas de surfer sur les sujets sulfureux tels que l’homosexualité et la chasteté. La série apporte un véritable éclairage sur les défis auxquels  l’Eglise française actuelle est confrontée. « Crise de vocation » des prêtres, difficultés financières des paroisses,  crispations permanentes entre  progressistes et conservateurs,  lourdeurs administratives , ou encore, poids de la hiérarchie. Ainsi soient-ils est aussi une grande série sur le pouvoir, la hiérarchie de l’Eglise, avec une véritable dimension politique qui arrive à son paroxysme dans la saison 3, qui doit nous plonger au coeur du Vatican.

Manque de vraisemblance ?

Certes, la série a été l’objet de critiques pour son manque de vraisemblance… au point d’en oublier qu’il s’agit d’une fiction ! Dans La Croix, un prêtre dénonçait ainsi le manque de crédibilité de la saison 1 :  « Il peut arriver que nous rencontrions les situations évoquées dans la série. Mais sur une échelle de quinze ans ! Ici, les profils les plus singuliers sont concentrés dans une promotion de cinq séminaristes. Ce n’est pas crédible. ».  Si certains aspects de la vie ecclésiale sont sans doute exacerbés, les réalisateurs ont pourtant pris le soin de demander conseil auprès de différents prêtres, d’ailleurs remerciés au générique. Les catholiques, eux, sont partagés. Certains détestent, d’autres adorent ! (voir les articles de 20minutes et La Vie).

Pédophilie, excès du pouvoir… on ne peut regarder la série sans se demander si les réalisateurs n’en profitent pas pour exposer leurs propres opinions et critiques sur les différentes positions de l’Eglise.  « On est plutôt sur le fil, c’est vrai, reconnaissait ce matin Rodolphe Tissot, l’un des créateurs de la série, sur France Inter. Forcément, nos convictions ressurgissent. Mais on essaie de faire une série qui soit, d’une manière large, sur les tolérances (…) et qui puisse exposer les points de vue de chacun. »  

Ce soir, à 20h50 sur Arte donc … Bonne série !

Yom Kippour, Aid al-Adha et le pape François

Ce mercredi 23 septembre, les juifs célèbrent une fête très importante dans leur communauté : Yom Kippour, le jour du Grand pardon. Cette fête, considérée comme la plus sainte de l’année juive, arrive au terme d’une période d’une dizaine de jours après Roch Hachana (nouvel an juif), pendant laquelle il s’agit d’être irréprochable : jeûne, prière, etc. Cette année, le même jour, les musulmans célèbrent également une fête importante pour eux : l’Aïd al-Adha, en commémoration du sacrifice d’Abraham et pour marquer la fin de la période des pèlerinages (hajj).

Cette année, ces deux fêtes surviennent dans un contexte de forte tension à Jérusalem Est et dans la vieille ville. Pendant une semaine, des affrontements ont eu lieu entre la police israélienne et des manifestants Palestiniens.

Des émeutes ont souvent lieu chaque année à l’approche de ces fêtes. La différence de “ton“ des célébrations accroît parfois les tensions : les juifs appellent plus au silence et à l’arrêt de toute activité dans la sphère publique, lorsque les musulmans au contraire sont dans un esprit plus festif, avec des barbecues par exemple. En 2008, ce qui avait commencé comme une dispute de voisinage s’est transformé en trois jours de violence à Saint Jean d’Acre, lors de Yom Kippour. L’année 2014 fut particulièrement explosive : Yom Kippour coïncidait avec l’Aïd al-Adha, et en outre, l’après-guerre à Gaza.

Pour appeler à l’apaisement, The Abraham fund, un organisme qui promeut la coexistence entre Israéliens et Palestiniens, a créé une vidéo en hébreu et en arabe pour expliquer ces deux fêtes aux enfants.

Comme le relève USA Today (cité par Courrier international), aux Etats-Unis, ces deux fêtes coïncident aussi avec la visite du pape François, qui souligne deux conséquences : « pour le personnel juif de la Maison-Blanche, il faudra choisir entre faire Kippour et être présent lorsque le pape rendra visite à Barack Obama ». Les musulmans, quant à eux, « devront choisir entre célébrer l’Aïd al-Adha et suivre le discours du pape au Congrès, qui a été décalé d’un jour pour ne pas coïncider avec Yom Kippour ».

A Washington, demain 24 septembre, François sera ainsi le premier pape de l’histoire à s’adresser devant le congrès américain, à majorité républicaine. Son discours est très attendu… et redouté par les républicains peu en phase avec les positions du pape argentin : dénonciation des armes nucléaires, et plus généralement du trafic d’armes, critiques des dérives du capitalisme, défense des migrants, appel à l’engagement contre le changement climatique… Affaire à suivre !

Illustration : dessinateur Michel Kichka 
Sources : Courrier International ;  JPost ; i24news.tv ; L’Espresso; CNN.com

La censure se porte bien : National Geographic, Whatsapp, Salon de la femme musulmane

Au menu de cette semaine dans l’actualité religions, je vous propose la censure, très en vogue ces derniers temps !

  • La couverture de National Geographic consacrée au pape censurée  en Arabie saoudite : la société de distribution du magazine a tout simplement décidé de ne pas livrer le magazine pour des« raisons culturelles ». Si la simple image du chef de l’Eglise catholique peut choquer dans un pays où les églises sont interdites, explique Foreign Policy, c’est plus encore le contenu de l’article qui gêne : l’article de National Geographic s’intéresse aux réformes menées par le pape François depuis son élection. Le gouvernement saoudien craint que ce vent de réformes n’inspire certains dans la monarchie. L’édito de la rédactrice en chef de l’édition arabe du magazine avait de quoi faire frémir les autorités saoudiennes : elle y louait le pape pour avoir initié des changements et en profitait pour porter sa réflexion au delà du catholicisme, en souhaitant que les institutions religieuses s’adaptent au monde moderne. Outrage, pour les autorités religieuses wahhabites du pays.  Le wahhabisme s’oppose justement à l’idée d’une religion fluide qui puisse changer selon l’époque.
  • Des rabbins juifs ultra-orthodoxes s’attaquent à Whatsapp. Cet été, en Israël, une assemblée de rabbins ultra-orthodoxes s’est réunie pour parler du «  grand danger spirituel » de l’application de messageries Whatsapp. Le problème ? Les fidèles juifs de ces communautés ultra-orthodoxes utilisent Whatsapp pour s’envoyer des ragots ou des images et vidéos « contrevenant aux règles de modestie » , rapporte Slate.fr, citant un article de The Economist. Les membres du Conseil des sages de la Torah ont donc réagi en publiant des édits pour interdire formellement cette application. Des fournisseurs d’accès israéliens ont alors créé des smartphones « cashers », poursuit Slate.fr, avec des abonnements bloquant certains sites ou applications.
  • Une autre forme de censure cette fois : celles des femmes, tout simplement absentes du Salon de la femme musulmane polémique qui se tient actuellement à Pontoise, près de Paris.Ce week-end, le parc des Expositions de Pontoise accueille en effet la 3e édition du salon musulman du Val d’Oise. Cette année, la femme est à l’honneur… sauf qu’une grande majorité de prédicateurs intégristes sont invités à donner leur propre vision de la femme.  Parmi les conférenciers, on trouve Rachid Abou Houdeyfa, imam de la mosquée de Brest, qui exhorte les femmes musulmanes sur les réseaux sociaux à porter le voile « islamique » sous peine d’encourir « les feux de l’Enfer dans l’au-delà, et des.. agressions sexuelles en ce bas monde» : «Si la femme sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que les hommes abusent de cette femme-là » (sic). Figure aussi Nader Abou Anas, prédicateur au sein de l’association D’CLIC à Bobigny, qui sur la vidéo d’un précédent salon musulman, expliquait qu’une femme « qui se refuse à son mari sans raison valable » serait «maudite par les anges » toute la nuit. Une pétition en ligne a été lancée pour fermer le salon. Samedi soir, deux Femen se sont introduites au salon, seins nues. Sur Le Parisien, la société Isla Event qui organise l’événement ne comprend pas la polémique, et demande aux détracteurs de «venir, pour qu’ils voient vraiment ce que l’on fait».

MAJ : un enregistrement prouve que la version livrée par la porte-parole des Femen à l’AFP (évoquant un discours des imams sur le fait de battre sa femme) était fausse. Un journaliste présent au salon montre en outre que les discours des conférenciers prônaient au contraire un discours plutôt respectueux de la femme. Pour se faire une idée, la meilleur façon reste en effet, pour un journaliste, de se rendre sur place…