© Calogero Cammalleri

“Lipadusa“, histoires de vies et de mer…

Lipadusa, storie di vita e di mare. C’est le titre du premier livre de photos publié par mon ami Calogero Cammalleri, photographe de 21 ans seulement, rencontré en janvier 2014 à Lampedusa.

A l’époque, il n’avait que 20 ans et semblait peu sûr de lui. Il se promenait, hésitant, dans la via Roma, rue centrale de Lampedusa, prenant de loin quelques photos de vieillards assis sur des bancs ou de chiens errants. Mais il regardait avec un air dépité ses clichés pourtant déjà très réussis. “Je n’y arrive pas, j’ai pas trouvé ‘le truc'”, me disait-il avec l’humilité authentique d’un jeune débutant. Il avait été envoyé par Fabrica, centre de recherche et de communication du groupe Benetton, pour un projet photographique sur cette petite île au large de la Sicile, plus proche de la Tunisie que des côtes italiennes, et tristement connue pour son drame des embarcations de migrants venant régulièrement s’y échouer.

© Calogero Cammalleri
© Calogero Cammalleri

(voir le récit de mes aventures là bas).

Pourtant, c’est bien l’équipe de Fabrica qui est venue le chercher. Je ne l’ai appris que plus tard, le 23 septembre dernier à Rome, quand j’ai eu le bonheur de pouvoir assister à son exposition et à la présentation publique de son premier ouvrage photographique. Le tout dans un endroit sublime, avec des lectures de textes par des acteurs, relatant les histoires de migrants ayant survécu à de terribles naufrages.

calo devant expo

 

=> Pour acheter l’ouvrage, c’est par là !

L’équipe de Fabrica avait déjà vu ses très belles photos… dont l’une avait été exposée en grand format sur un panneau publicitaire lumineux  à Time Square (New York) :

Il s’agit de la photo en bas 😉

timesquare

Cette photo d’un jeune garçon au regard perçant avait d’ailleurs déjà été utilisée pour la couverture d’un roman :

livre

Convaincu de son talent, ils décident de miser sur lui. Le projet photographique va de soit : lui aussi est en quelque sorte un “migrant”. Né à Palma di Montechiaro, en Sicile, il émigre avec sa famille en Allemagne alors qu’il n’a que 3 ans. 17 ans plus tard, il fait le voyage retour… jusqu’à Lampedusa, terre appartenant à la Sicile, et symbole de l’immigration.

Calogero commence à faire des photos à l’âge de 16 ans. Il ne prend jamais aucun cours et apprend seul, sur le tas. “J’avais une petit appareil photo numérique, je voulais juste m’exprimer, explique-t-il dans cette vidéo pour Vogue italie, dans un italien teinté d’allemand. J’ai commencé à photographier ma famille, mes petits cousins, mes amis à l’école.“

le livre ouvert

Pendant neuf mois, Calogero va habiter à Lampedusa, rocher isolé en pleine méditerranée. Neuf mois sur une île de seulement 20,2 km2. A 205 km de la Sicile, et 167,2 km de la Tunisie.  “Au début, c’était difficile. C’était une première expérience pour moi loin de ma famille, il fallait nouer de nouvelles amitiés, raconte-t-il encore dans cette vidéo. Puis le 3 octobre 2013, avec le naufrage de plus de 300 migrants, l’île a été envahie de journalistes et de photographes. Je n’étais pas le bienvenu chez les habitants”… lassés d’être envahis par les médias.

© Calogero Cammalleri
© Calogero Cammalleri

Au bout d’un moment, Calogero finit pourtant par s’intégrer auprès des habitants. Ces derniers lui lancent : “quand tu auras fini de faire tes photos, viens donc déjeuner à la maison !”. Au cours de l’année, il se lie même d’amitié avec les pêcheurs de l’île.

© Calogero Cammalleri
© Calogero Cammalleri

Je suis heureuse qu’il m’ait rappelé, quand je suis allée le voir à l’exposition à Rome en septembre, que j’ai finalement un peu contribué à ce lien privilégié qu’il a noué avec eux… quand ce 2 janvier 2014, je lui proposai alors de m’accompagner, à l’improviste, sur le bateau du pêcheur Giuseppe. Nous étions ravis. Nous avions passé l’après-midi entière sur le bateau à le regarder pêcher, patiemment… et à contempler la beauté des variations de la lumière du soleil sur les rivages de l’île et la méditerranée, jusqu’à la tombée de la nuit. Voici deux photos souvenir (dont une en noir et blanc, prise par lui) :

bn bato bnbato2

Quelques semaines ou mois plus tard, Calogero déjeune régulièrement avec eux, part souvent en mer sur le bateau de l’un ou l’autre, joue aux cartes avec les vieux loups de mer au crépuscule… “J’ai appris que pour faire des photos plus ‘intimes’, je devais vivre avec ces gens. Ne pas venir en me présentant directement comme photographe avec mon appareil à la main. Simplement vivre avec eux”, raconte-t-il.

poissonBelle leçon de vie… et de photographie. Le résultat est époustouflant. Je vous laisse admirer. Et lui souhaite la plus belle carrière possible. Même s’il ne cherche pas la célébrité… j’espère qu’il réalisera tous ses projets.

Voici je crois ma préférée du livre Lipadusa, Storie di Vita e mare :

© Calogero Cammalleri
© Calogero Cammalleri

Un mois après, fin octobre, Calogero a pu avoir le bonheur de revenir à Lampedusa pour y inaugurer son exposition. L’occasion pour lui, entre autres, de faire le bonheur du petit Sergio qui a reçu son drôle de portrait !

© Calogero Cammalleri
© Calogero Cammalleri

=> Pour acheter l’ouvrage, c’est par là !

THE END

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s